Sauvez la planète en changeant votre alimentation – 01.2021

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Alimentaire 11 janvier 2021

Vous aimeriez agrémenter votre repas de ces mangues venues du Pérou ou ces ananas brésiliens. Mais vous vous dites que ce n’est pas raisonnable car ces fruits ont parcouru des milliers de kilomètres. Vous avez raison, mais ce ne sont pas eux qui pèsent le plus lourd dans le bilan carbone de votre repas. Votre corbeille de fruits exotiques est en effet proportionnellement bien moins carbonée que ce rôti de bœuf que vous allez servir en plat de résistance ou que votre plateau de fromages : le bœuf a une empreinte carbone soixante fois plus importante, et le fromage onze fois plus importante, que les fruits importés.

En effet, contrairement à une idée bien ancrée, ce n’est pas le transport qui fait grimper les émissions de CO2 en flèche. Selon une étude du Commissariat général au développement durable (1), celui-ci ne représente que 6 % des émissions de l’alimentation. À l’inverse, celles liées au changement de l’usage des sols, à l’utilisation des engrais et aux ruminants sont les plus importantes (57 %). Si nous voulons vraiment diminuer l’empreinte carbone de nos assiettes, il faut d’abord réduire notre consommation de viande et de produits laitiers.

Quels sont les pires aliments pour la planète 1

Les circuits-courts ne sont pas la panacée

Les circuits-courts, largement plébiscités avec la crise, n’apparaissent dès lors pas comme la panacée en matière environnementale, bien qu’ils permettent sur un autre plan de soutenir l’emploi local et de contribuer à la cohésion des territoires. Cela est d’autant plus vrai que la très grande majorité des aliments importés sont transportés par bateau (59 % contre 0,1% pour l’avion). Or, “les émissions par kilomètre parcouru et par tonne transportée sont environ 100 fois plus faibles pour un cargo transocéanique que pour une camionnette de moins de 3,5 tonnes” précise l’Ademe dans un avis de 2017 (2).

“Les modes et pratiques de production sont donc beaucoup plus déterminants en matière de bilan environnemental que le mode de distribution, notamment pour les fruits et légumes (culture de produits de saison)” conclut l’organisme. A titre d’exemple, une salade cultivée en Allemagne, sous serre, en hiver, aura un bilan carbone deux fois plus élevé que le même légume importé d’Espagne où il est cultivé en plein air. Plutôt que notre approvisionnement, c’est in fine le contenu de nos assiettes que nous devons modifier en augmentant significativement la part des fruits et des légumes et en réduisant d’autant la part des protéines d’origine animale.

“En transformant nos régimes alimentaires mondiaux, il est possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation d’au moins 30 % et de réduire de près de moitié la perte des espèces” indique le WWF dans un récent rapport (3). Le futur projet de loi issu des travaux de la Convention citoyenne pour le climat va expérimenter la possibilité d’avoir un choix de menus végétariens quotidiens dans les cantines scolaires. Le gouvernement va également débloquer 100 millions d’euros pour développer un million d’hectares supplémentaires de cultures d’oléagineux et de légumineuses d’ici 2030. 

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