Les billets d’avion taxés pour financer les transports écologiques- 07.2019

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Transports/Tourisme 10 mars 2020

Mauvaise nouvelle pour le secteur aérien. Le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’une écotaxe, à partir de 2020, sur les billets d’avion. Une réponse à la fois à la pression citoyenne, qui voyait dans la fiscalité du transport aérien une injustice, mais aussi au Haut conseil pour le climat qui a récemment épinglé le gouvernement estimant que son action climatique était insuffisante. 

Après le tacle du Haut conseil pour le climat qui a jugé que la France n’était pas sur la bonne voie pour lutter efficacement contre le changement climatique, le gouvernement a répondu en prenant de nouvelles mesures. Mardi 9 juin, lors du Conseil de défense écologique Elisabeth Born, ministre des Transports a annoncé que, dès 2020, une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les vols au départ de la France.

“Les transports ont une responsabilité particulière dans le défi climatique, c’est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, à hauteur de près d’un tiers”, a-t-elle indiqué, “Depuis des mois s’exprime un sentiment d’injustice chez nos concitoyens sur la fiscalité du transport aérien. La France s’est engagée sur la voie de la taxation du transport aérien mais il y a urgence”, a expliqué la ministre. “Aussi nous avons décidé comme d’autre pays de mettre en œuvre un écocontribution progressive”.

180 millions d’euros pour financer des transports plus écologiques

Concrètement, cette écotaxe s’appliquera seulement aux vols au départ de France et non à ceux y arrivant. Elle atteindra 1,50 euro en classe éco pour les vols intérieurs et intra-européens, de 9 euros pour ces vols en classe affaires, de 3 euros pour les vols en classe éco hors UE et de 18 euros pour ces vols en classe affaires, a-t-elle précisé.

Cette mesure, qui sera intégrée au projet de loi de finances 2020, s’appliquera à toutes les compagnies aériennes, “car il n’est pas question que notre pavillon national s’en trouve désavantagé”, a précisé la ministre. Cette taxe devrait rapporter 180 millions d’euros par an, qui seront consacrés à des investissements pour des infrastructures de transports plus écologiques, notamment le ferroviaire.

AirFrance dénonce une décision “extrêmement pénalisante”

Le gouvernement entend également mettre fin à la niche fiscale sur le gasoil dont bénéficient certains secteurs. Ainsi, à partir de 2020, “le remboursement partiel dont bénéficie le transport routier de marchandises sur le gasoil sera réduit de deux centimes par litre, ce qui représente une contribution de 140 millions d’euros en année pleine”, a ajouté la ministre. “Cela sera étalé dans le temps et il y aura des discussions avec les entreprises concernées”, a par ailleurs souligné François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Des annonces mal accueillies par les secteurs concernés. Air France a qualifié d‘”incompréhensible” cette décision, la jugeant “extrêmement pénalisante” au moment où la compagnie doit investir pour accélérer la réduction du son empreinte environnementale. “La France compte parmi les pays taxant le plus le transport aérien en Europe”, a ajouté le groupe dans un communiqué.

Quant à la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), elle avait mis en garde jeudi le gouvernement contre des manifestations et des “débordements” à la rentrée s’il ne renonçait pas à ses projets d’augmentation de la fiscalité du secteur. 

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