Le climat et les géants du fast food- 02.2019

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Alimentaire 6 mars 2020
MCDONALD’S, KFC, BURGER KING : LES GÉANTS DE LA MALBOUFFE INTERPELLÉS PAR UN GROUPE D’INVESTISSEURS SUR LE CLIMAT

Investir dans la restauration rapide pourrait bientôt se révéler aussi risqué que d’investir dans le charbon ou le tabac. Un groupe de 80 investisseurs, représentant 6 500 milliards de dollars d’actifs, vient d’interpeller plusieurs Big Food (McDonalds, Burger King, Domino’s Pizza…) pour les pousser à s’engager plus activement dans la lutte contre le changement climatique.

Tous les secteurs, y compris les plus polluants comme celui de l’automobile, du pétrole et du gaz, commencent à se fixer des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique. Mais qu’en est-il de l’industrie agro-alimentaire ? Et plus précisément des Big Food que représentent McDonald’s, Burger King, KFC ou encore Pizza Hut ?

Selon le réseau Fairr, plus de 70 % des entreprises dépendant de la viande et du bétail ne se sont pas fixé d’objectifs pour réduire les émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Pour le savoir, un groupe de 80 investisseurs, pesant 6 500 milliards de dollars d’actifs et réunis sous la bannière du Ceres (Coalition for Environmentally Responsible Economies) et de Fairr (Farm Animal Investment Risk and Return), a interpellé ces géants de la restauration rapide dans une lettre ouverte publiée le 29 janvier dernier. Ils souhaitent que les multinationales s’engagent dans un plan d’action claire sur la façon dont ils vont réduire les risques liés à leurs chaînes d’approvisionnement en viande et produits laitiers et se fixent des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’utilisation de l’eau. Leur réponse est attendue pour mars 2019.

Demande croissante des consommateurs pour des aliments d’origine végétale

Selon le réseau Fairr, plus de 70 % des entreprises dépendant de la viande et du bétail ne se sont pas fixées d’objectifs pour réduire les émissions dans leurs chaînes d’approvisionnement. “L’incapacité à s’attaquer à ces problèmes environnementaux majeurs dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises compromet la viabilité financière à long terme de ces marques”, s’inquiète Jeremy Coller, fondateur de Fairr et directeur des investissements de Coller Capital.

Et par extension, cela constitue également un risque pour les portefeuilles des investisseurs. “Ceux-ci ne peuvent ignorer les vents contraires auxquels le secteur de la viande et du lait est confronté. L’augmentation de la réglementation environnementale, la demande croissante des consommateurs pour des aliments d’origine végétale et les craintes de pollution de l’eau par les fermes intensives sont autant d’ingrédients qui constituent une menace croissante pour la valeur à long terme des multinationales de la restauration rapide“, note Alice Evans, co-chef de l’investissement responsable à BMO Gestion mondiale d’actifs.

Au-delà des risques climatique et financier, il existe aussi un risque réputationnel à continuer de financer ces géants. Selon une récente étude publiée par la revue médicale britannique The Lancet et la fondation EAT, “un régime alimentaire malsain représente un risque plus élevé de morbidité et de mortalité prématurées que celui causés par la somme des rapports sexuels non protégés, l’alcool, les drogues et le tabac tout compris”. La malbouffe risque ainsi de se transformer bien vite en un actif échoué au même titre que le tabac, le charbon ou les armes.

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