Symboles du capitalisme libéral, la finance internationale et ses relais auprès du grand public et des entreprises, les banques, sont régulièrement dénoncées pour entretenir un modèle donnant la priorité aux profits court-terme qui bénéficient à une minorité, sans se soucier des impacts socio-environnementaux long-terme touchant les plus modestes et les plus fragiles.

Or, des fameux critères ESG (pour évaluer la stratégie d’entreprise en tenant compte, d’une part, des mesures prises en faveur de l’environnement et du social et, d’autre part, de la forme de gouvernance retenue) à l’impact investing, en passant par les ISR (Investissements Socialement Responsables) et les « Green Bonds » ou « Social Bonds », les outils ne manquent plus dorénavant pour permettre à la finance internationale d’agir pour un monde plus juste et plus durable: tout d’abord, pour éliminer tout investissement bénéficiant à un secteur ayant un impact négatif sur la société (armement, drogue, prostitution…, mais aussi évidemment énergies fossiles) ; ensuite, pour orienter les investissements systématiquement vers des secteurs et des entreprises favorisant une économie responsable (ISR) ou, encore mieux, générant un impact positif concret et mesuré pour faire progresser la situation sociale et environnementale (Impact Investing).

C’est ainsi que les ONG Les Amis de la Terre et Oxfam établissent leur classement annuel des banques françaises en fonction de leur engagement à ne plus financer les énergies fossiles. Si la NEF (banque d’investissement, sans compte courant) et le Crédit Coopératif (investissement et compte courant, banque choisie par SLOE) arrivent régulièrement en tête de ce classement, les grandes banques les plus connues (BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale) sont systématiquement les dernières, ce qui contribue à la place moyenne occupée par le secteur banquier dans le Top 50 SLOE.

Face au risque de voir se déprécier très rapidement certains de ses investissements devenus indésirables pour une partie de l’opinion publique et prenant pleinement conscience du rôle crucial qu’elle peut jouer, dans les 10 prochaines années, pour réussir la transition vers un monde plus durable, la finance évolue et peut contribuer à accélérer rapidement les changements.

A ce titre, les décisions récentes de l’Europe sont très encourageantes : la nouvelle Commission confirme son plan de 1 000 milliards d’euros sur 10 ans pour le climat et la BEI Banque Européenne d’Investissements ne financera plus les énergies fossiles d’ici fin 2021.

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