D’ici 2035, les centrales à charbon du G7 auront fermé – 05.2024

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Énergie 17 mai 2024

Les pays du G7 s’engagent à fermer leur centrale à charbon non adossées à des systèmes de captage et stockage du CO2 avant 2035. Une annonce importante quelques mois après la COP28 de Dubaï qui a acté une sortie des énergies fossiles. Mais les observateurs pointent un manque d’ambition sur le gaz.

Avant 2035. C’est l’échéance que se sont donné les pays du G7 pour sortir du charbon, l’énergie fossile la plus carbo-intensive. Un signal fort quatre mois après la COP28 de Dubaï, qui avait acté un abandon progressif des énergies fossiles. Réunis à Turin les 29 et 30 avril, les ministres du climat, de l’énergie et de l’environnement du G7 se sont engagés à fermer leurs centrales à charbon non adossées à un système de captage et stockage de CO2 (CCS), une technologie qui permet en théorie de ne pas émettre de CO2 puisque celui-ci est capté en sortie de centrale à charbon. Jusqu’ici, ils n’avaient jamais réussi à se mettre d’accord sur une date se contentant d’évoquer une accélération de leur sortie des énergies fossiles, notamment en raison du blocage du Japon.

“C’est un autre clou dans le cercueil du charbon”, se réjouit Dave Jones, directeur du programme Global Insights d’Ember. “Le chemin vers l’élimination progressive de l’énergie au charbon a été long : cela fait plus de sept ans que le Royaume-Uni, la France, l’Italie et le Canada se sont engagés à éliminer progressivement l’énergie au charbon. Il est bon de voir les États-Unis et surtout le Japon être enfin plus explicites sur leurs intentions.”

Et le gaz ?

Ces deux pays sont les plus dépendants au charbon au sein du G7, 32% pour le Japon et 16% pour les Etats-Unis. Les autres l’ont pour la plupart éliminé – France (0,4%), Royaume-Uni (1,4%), Canada (5,1%) et Italie (5,3%) – ou sont en voie de le faire. L’Allemagne a pour objectif d’éliminer progressivement ses centrales au charbon d’ici à 2030. La semaine dernière, dans une décision historique, les Etats-Unis avaient en outre annoncé des limites d’émissions de CO2 pour les centrales à charbon d’ici à 2032, en misant sur le captage et stockage de CO2.

Mais ces nouveaux engagements sont contrebalancés par le manque d’ambition du G7 sur le gaz. “Même si l’élimination progressive du charbon d’ici 2035 au plus tard est la bienvenue, le véritable test décisif pour la crédibilité du G7 repose sur la planification de la transition vers l’abandon du gaz”, a déploré Luca Bergamaschi, co-fondateur et co-PDG du groupe de réflexion italien sur le climat ECCO. “L’addiction évidente du G7 à la production et à la consommation de gaz reste l’éléphant dans la pièce étant donné qu’ils continuent de laisser de la place aux investissements publics”, réagit aussi Linda Kalcher, directrice exécutive, Perspectives stratégiques.

Selon un rapport de Climate Analytics, publié le 23 avril, aucun des pays du G7 n’est en bonne voie pour atteindre ses objectifs à 2030. Pour être alignés sur un scénario 1,5°C, ces derniers devraient acter une sortie du charbon d’ici 2030 et du gaz d’ici 2035. Or, aucune date n’est fixée pour le gaz, y compris au niveau national. En outre, le Canada, le Japon, l’Italie, les Etats-Unis et l’Allemagne apparaissent toujours dans le top 10 des principaux soutiens publics aux énergies fossiles, selon des données publiées début avril par Oil change international.

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