Quelle place pour l’écologie dans l’économie de marché libérale ?-10.2019

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News 27 février 2020

Pourquoi l’économie de marché a-t-elle du mal avec la prise en compte de l’écologie ? Pourquoi les acteurs économiques et politiques ne donnent-ils pas plus d’importance aux questions environnementales ? La raison se trouve peut-être dans la structure de notre marché.

À l’heure actuelle, l’écologie est unanimement reconnue comme une priorité politique. À chaque élection, pratiquement tous les candidats revendiquent une posture écologique et prétendent mettre en place une politique supposée lutter contre le réchauffement climatique, limiter la dégradation des écosystèmes, préserver les ressources naturelles ou encore la biodiversité.

Pourtant, dans les faits, les choses n’avancent pas. Chaque année, les émissions de CO2 globales continuent d’augmenter, peu de progrès sont faits en matière de réduction des déchets ou encore de préservation de la biodiversité. Les transports durables restent marginaux, l’engagement des entreprises à travers leurs politiques RSE est bien insuffisant : bref, on a l’impression de stagner. Même les citoyens, quand ils prétendent être « écolo » ont en réalité du mal à passer à l’acte quand il s’agit de consommer plus responsable ou de renoncer à certaines pratiques polluantes.

Mais pourquoi ce paradoxe ? Pourquoi l’écologie qui est au coeur des discours politiques, citoyens ou corporate est-elle presque toujours reléguée au second plan dans la réalité ? Et si tout cela était lié à la structure même de notre système économique et social ? Creusons un peu.

L’économie de marché : le modèle économique dominant

Adam Smith, l'un des fondateurs de la pensée économique libérale
Adam Smith, l’un des fondateurs de la pensée économique libérale

De manière générale, le système économique mondial peut être qualifié de ce qu’on appelle une « économie de marché ». En gros, une économie de marché est un système économique dans lequel les décisions (vendre, acheter, produire, consommer) sont prises à partir de la confrontation de l’offre et de la demande dans un marché où les acteurs sont libres. Dans une économie de marché, des acteurs (entreprises, individus…) produisent des biens, des consommateurs les achètent. Les prix de ces bien (mais aussi le montant de la monnaie, les salaires…) sont déterminés par la loi de l’offre et de la demande : plus un bien est recherché, plus il est cher, en gros.

En théorie, dans une économie de marché, le système s’équilibre de lui même car les individus prennent des décisions rationnelles, utilitaristes (on appelle ça le modèle de l’équilibre général). Si un producteur vend un bien trop cher, personne ne l’achètera (la demande baisse) et le producteur, rationnel, sera obligé d’ajuster son comportement (baisser son prix) pour vendre à nouveau. Toujours en théorie, ce système produit une situation économique optimale dans la mesure où les décisions des acteurs sont rationnelles. Tout le monde a intérêt à travailler (pour gagner de l’argent), à produire quelque chose d’utile (que les gens vont acheter), à un prix raisonnable, chacun travaille et bénéficie du travail des autres… Bref, tout le monde y gagne. Mais pour ça, il faut que chaque individu soit libre de prendre ses décisions : il faut la libre concurrence, la libre circulation, le libre commerce…

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