Pollution de l’air: déjà au niveau d’avant crise! – 06.2020

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News 17 juin 2020

Et ce sera probablement bientôt le cas en Europe également.

Durant le confinement, au milieu des pénuries de masques et du nombre de morts quotidiens, nous avons quand même pu nous réjouir de quelques bonnes nouvelles. Les canaux limpides de Venise ont fait le tour de Twitter. La baisse drastique des émissions de CO2 en Chine ou l’amélioration de la qualité de l’air en Île-de-France, nous donnaient même un peu d’espoir. Malheureusement, le confinement n’aura été qu’une parenthèse verte pour la planète. En Chine, la pollution de l’air a déjà retrouvé son niveau pré-confinement.

Après la crise, le retour à la normale

D’après le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), les niveaux de particules fines et de dioxyde d’azote de mai 2020 sont similaires à ceux de 2019. Alors qu’en mars, le confinement avait permis de diminuer de 38% les émissions de dioxyde d’azote et de 34% les particules fines par rapport à 2019. Pareil pour la concentration d’ozone dans l’air qui, après une baisse pendant le confinement, avoisine le niveau record de 2018.

Dans son rapport, le CREA note qu’après chaque crise – notamment l’épidémie de SARS en 2003 et la crise financière de 2008 – la Chine a enregistré des pics de pollution de l’air. Il faut dire qu’après deux mois de mise à l’arrêt forcée, le pays redémarre sur les chapeaux de roues. Et ça ne va pas du tout dans le sens d’une relance green. « Les industries les plus polluantes se sont rétablies plus rapidement que le reste de l’économie », indique Lauri Myllyvirta, analyste du CREA, au Guardian.

Et bientôt la reprise en Europe ?

Après la Chine, c’est l’Europe qui se déconfine. Alors que des villes comme Paris et Londres ont enregistré une réduction de 30% de dioxyde d’azote dans l’air par rapport 2019, la pollution pourrait repartir à la hausse. C’est en tout cas ce à quoi s’attend Vincent-Henri Peuch à la tête du Copernicus Atmosphere Monitoring Service. « On s’attend à une reprise de la pollution mais on ne l’a pas encore observée », confie-t-il au Guardian.

Un « monde d’après » tout aussi polluant – voire plus – que celui d’avant, c’était ce que craignaient les spécialistes de l’environnement et du climat. En mars dernier, la paléoclimatologue et co-présidente du GIEC, Valérie Masson-Delmotte clamait déjà qu’il n’y avait pas à se réjouir de la baisse des émissions de CO2 due au confinement, trop anecdotique pour avoir un vrai impact. Pour une baisse durable, il va falloir tout changer. Et pour de vrai.

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