L’UE confirme son objectif de – 55% d’émissions de GES d’ici 2030 – 04.2021

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News 29 avril 2021

Historique“. Ce matin, le mot était dans toutes les bouches et sur tous les claviers. Après quatorze heures de débats, le Parlement européen et les États membres se sont mis d’accord le 21 avril pour réduire “d’au moins 55 %” les émissions de gaz à effet de serre au sein de l’Union européenne d’ici 2030, par rapport au niveau de 1990, “tout en augmentant les contributions des absorptions pouvant porter l’objectif à 57 %“. L’ambition initiale était fixée à une baisse des émissions de 40 % à la fin de la décennie.

Si les débats se sont éternisés, c’est qu’il a fallu trouver un compromis. En septembre 2020, la Commission européenne avait annoncé vouloir atteindre 55 % de baisse, le Parlement s’était prononcé, un mois plus tard, pour un objectif plus ambitieux de 60 %. Un accord a été trouvé. L’objectif de baisse de 55 % des émissions nettes a été conservé, et en parallèle l’Europe vise une hausse des objectifs d’absorption de CO2 par les puits de carbone, comme les forêts, dans le cadre d’une révision du règlement sur l’utilisation des terres et la foresterie.

Une ligne conductrice

Cet accord provisoire sera intégré dans la loi climat actuellement en préparation, qui doit être présentée en juin. “Notre engagement politique à devenir le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050 est désormais un engagement juridique“, s’est félicitée la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Pour Pascal Canfin, Président de la commission Environnement du Parlement européen, bien que le Parlement souhaitait aller “plus loin” ce nouvel objectif va “changer les règles du jeu”. “Nous allons aller deux fois et demi plus vite dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans la décennie qui vient, que celle qui a précédé […]“, a-t-il détaillé mercredi matin au micro de France Inter.

L’objectif est de faire de la neutralité carbone une ligne conductrice. Toutes les nouvelles propositions de loi seront désormais contraintes de s’aligner sur cet objectif. “Elles devront sinon signaler explicitement pourquoi elles ne répondent pas à l’ambition […], ce qui est compliqué à justifier“, a détaillé plus tard l’eurodéputé durant la conférence de presse. L’heure est également à adapter la législation existante. “Ce sont cinquante lois européennes, sur les transports, les énergies renouvelables, le marché carbone… qui vont être changées à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de l’année 2022. Quand on modifie cinquante lois d’un coup, c’est le signe d’un changement systémique“, a-t-il ajouté.

Constituer un front uni devant les États-Unis

À la veille du Sommet sur le climat organisé par Joe Biden, où les États-Unis vont annoncer la mise à jour de leurs objectifs climatiques, le moment est stratégique : il s’agit de montrer l’exemple et de présenter un front uni et solide face au Pentagone qui tente de se poser en meneur du combat contre le réchauffement climatique. “Le timing est vraiment bon, a explicité la rapporteure au Parlement, Jytte Gutteland. C’est un message fort, de la part de l’Union européenne“, avant d’ajouter que le continent était bien la “grande sœur” à l’échelle planétaire en matière d’engagement pour le climat. 

Et l’Europe n’est pas la seule à se mobiliser. Alors que mardi 20 avril, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a fait la promesse ambitieuse de réduire de 78 % ses émissions d’ici à 2035, la Russie a annoncé ce matin vouloir “agir sévèrement” pour l’environnement et s’est fixé comme objectif un volume d’émissions nettes de gaz à effet de serre inférieur à celui de l’Union européenne d’ici 2050. De nombreuses attentes en ce sens sont attendues cette semaine venues de nombreux pays. 

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