Les 3 entreprises internationales les plus climaticides – 01.2022

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News 31 janvier 2022

Vous pensez à Amazon, Total ou BP ? Mais aucune de ces entreprises ne se situent dans le trio de tête. Les trois entreprises les plus climaticides au monde sont beaucoup moins connues du grand public. Il’ s’agit du pétrolier Saudi Aramco, du géant chinois du charbon China Energy, et de la compagnie gazière russe Gazprom. Le journaliste Mickaël Correia dévoile dans son nouvel ouvrage leurs stratégies bien huilées pour produire toujours plus d’énergies fossiles, mettant l’humanité toute entière en danger.

À elles trois, si elles étaient un pays, elles incarneraient la troisième nation la plus émettrice de gaz à effet de serre au monde, derrière la Chine et les États-Unis. Ces trois entreprises, ce sont Saudi Aramco, China Energy et Gazprom. Pétrole, charbon et gaz. “La sinistre trinité des énergies fossiles“, résume le journaliste de Mediapart, Mickaël Correia, dans son tout nouveau livre “Criminels climatiques”, publié en ce début d’année (1). Il a mené une enquête sur les stratégies – corruption, néocolonialisme, lobbying, greenwashing, mensonges, soft power – de ces trois entreprises pour perpétuer notre addiction au carbone, à rebours de l’urgence climatique, des rapports du Giec et de l’Accord de Paris.

Rien qu’en 2019, le pétrolier saoudien Aramco a rejeté 1,9 milliard de tonnes équivalent CO2 dans l’atmosphère. C’est quatre fois et demi plus que les émissions de la France cette même année. Derrière, au coude à coude, China Energy, géant chinois du charbon, et Gazprom, organe du Kremlin pour déployer le gaz, ont émis 1,5 milliard de tonnes de CO2 équivalent en une seule année. “En continuant coûte que coûte à extraire les ressources des entrailles de la Terre, ils attisent sciemment les flammes qui brûlent notre planète et agissent en criminels climatiques“, note le journaliste spécialiste des questions climatiques.

Ces trois entreprises les plus climaticides au monde sont pourtant peu ou pas connues du grand public. Saudi Aramco est ainsi l’entreprise la plus rentable au monde, loin devant Apple ou Microsoft. Il faut dire qu’elle détient 10 % des réserves mondiales de brut, soit 268 milliards de barils, contre… 20 milliards pour le n°2, l’Américain ExxonMobil. L’entreprise a donc tout intérêt à maintenir le règne de la voiture, quitte à travailler sur des moteurs thermiques plus économes en carburant. Le Saoudien assure aussi son avenir en faisant du plastique son nouvel eldorado. 

“Capitalisme fossile mortifère”

China Energy, la deuxième entreprise la plus émettrice au monde est quant à elle un véritable “titan du charbon” avec près de 500 centrales et une cinquantaine de mines. L’entreprise serait actuellement impliquée dans le développement de 53 gigawatts d’infrastructures fossiles, presque l’équivalent de la puissance du parc nucléaire français. Elle vise les pays asiatiques les moins riches et le continent africain à qui elle vend des projets surdimensionnés et des technologies parmi les moins performantes et donc très polluantes, sans aucune retombée locale puisque la main d’œuvre elle aussi vient de Chine. Cela entraîne pour ces pays des conséquences extrêmement néfastes sur la santé environnementale, une forte dépendance pour l’importation des combustibles et des surendettements importants.

Le journaliste décrypte également la mainmise de Gazprom sur l’Union européenne. L’entreprise, dont l’État russe est l’actionnaire majoritaire, fournit 40 % du gaz consommé sur le continent. Alors que le Giec recommande de ne plus exploiter de nouvelles ressources fossiles, le géant russe s’attaque désormais à l’Arctique. Il entend faire du Yamal, cette presqu’île de Sibérie, “le nouveau Qatar”. Selon Global Witness, “les investissements de Gazprom dans la péninsule de Yamal comptent comme l’un des projets les plus incompatibles avec la réalisation des objectifs climatiques”, écrit le journaliste.

Mickaël Correia détaille avec précision comment ces trois entreprises nourrissent et se nourrissent du “capitalisme fossile mortifère”, mettant aveuglément et en toute impunité l’humanité en péril, à commencer par les plus vulnérables. “Ce livre nous interpelle sur qui sont les réels responsables du chaos climatique et sur l’urgence de les mettre définitivement hors d’état de nuire“, écrit-il dénonçant l’importance démesurée donnée aux écogestes individuels, qui “permet avant tout de détourner l’attention politique des vrais fossoyeurs du climat“.   

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