Le déclin des vertébrés s’aggrave – 10.2022

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News 27 octobre 2022

Tous les deux ans, la conclusion demeure tristement identique : les populations d’animaux vertébrés déclinent. Dans son nouveau rapport Planète Vivante, le WWF appelle à fixer le cap vers un « bilan nature positif » en 2030, pour inverser la tendance.

La taille de 31 821 populations de 5 230 espèces d’animaux vertébrés terrestres, marins ou d’eau douce s’est réduite, en moyenne, de 69 % entre 1970 et 2018. Calculé tous les deux ans (avec quatre ans de décalage) par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et la Société zoologique de Londres (ZSL), ce chiffre, l’indice planète vivante (IPV), s’élevait à 68 % en 2016 et à 60 % en 2014« Rien n’indique que la perte de la nature puisse être enrayée, encore moins inversée, souligne le WWF dans son rapport, publié ce jeudi 13 octobre. La tendance au déclin des populations de vertébrés se poursuit, malgré une série d’engagements des secteurs public et privé. »

Même résultat, malgré un calcul amélioré

Dans le détail, si cette triste tendance demeure, l’IPV calculé cette année comporte pourtant plusieurs différences avec ses versions antérieures. D’une part, 838 nouvelles espèces (en grande partie des poissons) et 11 011 nouvelles populations ont été intégrées à la base de données sur laquelle s’appuie l’IPV. Dans le même temps, le WWF assure que certaines espèces ou populations, aux dynamiques démographiques disproportionnées, ont été exclues « pour garantir l’exactitude des statistiques » et confirmer que l’IPV « n’était pas déterminé par des déclins ou des augmentations extrêmes d’espèces ou de populations », mais bien par une tendance globale. D’autre part, la quantité d’études (et donc de données) rédigées dans d’autres langues que l’anglais, et prises en compte dans le calcul de l’IPV, s’est accrue, en particulier s’agissant des recherches menées au Brésil en langue portugaise. L’IPV régional correspondant à l’Amérique latine, désormais encore plus proche de la réalité, en est d’autant plus alarmant : un déclin de 94 %. Le résultat d’une déforestation ininterrompue de la forêt tropicale amazonienne, dont 26 % de la surface aurait déjà été irréversiblement détruite selon la Coordination des organisations autochtones du bassin amazonien (Coica). 

« La situation est certes dramatique, mais pas désespérée, les exemples qui fonctionnent sont nombreux : les aires protégées et gérées par les communautés locales montrent une biodiversité florissante, la restauration des écosystèmes par les solutions fondées sur la nature est bénéfique pour la biodiversité et aussi pour le climat, la transformation de nos modes de production et de consommation a débuté, même si elle n’est pas assez rapide », affirme néanmoins Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France, en écho aux efforts réalisés en Amérique du Nord ou en Europe, dont les IPV régionaux ne dépassent pas les – 20 %. Cependant, malgré les disparités, le rapport est clair : le déclin de la biodiversité est planétaire. Les populations de toutes les espèces dulcicoles, par exemple, se sont réduites de 83 % en cinquante ans. Et le réchauffement climatique continuera d’accentuer cette tendance : « Chaque degré supplémentaire devrait accroître ces pertes et leur impact sur les populations ».

Fixer un cap mondial dès la COP 15 ?

En amont de la COP 15 de la biodiversité, prévue à Montréal du 7 au 19 décembre prochain, l’ONG milite ainsi pour qu’un engagement vers un « bilan nature positif d’ici à 2030 » (résultant en un IPV positif plutôt que négatif) soit pris, sorte d’équivalent pour la biodiversité de l’Accord de Paris. Dans cette optique, elle encourage l’instauration d’un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins et la suspension de toutes les subventions dommageables à la biodiversité. « Il est primordial de parvenir au même degré d’implication que nous commençons à observer autour de l’action climatique », martèle Marco Lambertini, directeur général du WWF International.

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