L’acidité des océans dissout la carapace des crabes – 03.2020

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News 17 mars 2020

C’est un phénomène inquiétant que vient de révéler une nouvelle étude. Les carapaces des petits crabes dormeurs, aussi appelés tourteaux, se dissolvent dans l’océan Pacifique à cause de l’acidification de l’eau. Un phénomène directement lié au réchauffement climatique. 

C’est un constat à peine croyable que vient de dresser une équipe internationale de chercheurs financée par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Selon leur étude, publiée dans Science of the Total Environnement, l’eau de l’océan Pacifique est devenue si acide qu’elle ronge la carapace des larves de crabes. “Nous avons découvert des effets de dissolution sur les larves de crabes qui auraient dû se produire bien plus tard dans le siècle”, a déclaré Richard Feely, co-auteur de l’étude.

L’acidité de l’eau est une conséquence directe du réchauffement climatique. 30 % du dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère est en effet absorbé par les océans ce qui fait chuter le pH des eaux, donc augmente l’acidité. Un changement qui a des conséquences néfastes sur les petits crabes dormeurs, plus connus sous le nom de tourteaux. En plus de la dissolution de leur carapace, ces crustacés peinent à s’orienter, leurs organes sensoriels, des petits cils sur leur corp, étant également endommagés.

Des crabes plus vulnérables face aux prédateurs

“Les larves de crabes pourraient ne plus détecter les mouvements qui leur permettent de s’orienter ou de repérer un prédateur”, note Nina Bednarsek, océanographe et autrice principale de l’étude. Les jeunes crabes, en se développant, ont également des difficultés pour nager, ce qui les rend plus vulnérables. “Ces larves de crabe ont besoin d’utiliser davantage d’énergie pour réparer leur exosquelette, ce qui les rend en conséquence plus petits. Le pourcentage qui atteindra l’âge adulte baissera probablement à long terme”, analyse l’océanographe dont l’étude a été menée dans les eaux côtières au large de l’Oregon et de Washington.

Outre l’impact sur la biodiversité, ce phénomène pourrait avoir de lourdes conséquences sur le secteur de la pêche. D’autant que d’autres espèces sont déjà touchées par l’acidification des océans comme les moules, les palourdes, les huîtres…  La modification de l’acidité de l’eau altère leur capacité à fabriquer leur coquille.

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