50ème anniversaire du Jour de la Terre : rétrospectives & perspectives

Save Life On Earth
News 22 avril 2020

Marius Doye

Célébré chaque année, le Jour de la Terre offre aujourd’hui, dans un monde à l’arrêt, une occasion pour chacun de s’interroger réellement sur notre impact environnemental. Un jour qui permet aussi de saisir l’ampleur des enjeux qui s’imposent peu à peu à nous.

Né aux États-Unis et tenu pour la première fois le 22 avril 1970, le Jour de la Terre est le plus grand évènement environnemental au monde à ce jour. Rassemblant environ 500 millions de personnes dans plus de 180 pays, le Jour international de la Terre est LA date du calendrier écologique mondial. Pourtant 50 ans après sa première édition, les enjeux environnementaux semblent plus que jamais faire l’objet d’un « nouveau modèle » de vie à venir aux sorties de crise du Covid-19. Dans ce contexte où le monde tourne au ralenti, le Jour de la Terre prend tout son sens et lui offre un temps de répit. Initié par Gaylord Nelson, le sénateur américain du Wisconsin encourage les étudiants à développer des actions de sensibilisation à l’environnement. Une sensibilisation qui suit son cours aujourd’hui à travers les Fridays For Future, grève étudiante internationale pour le climat – réunissant collégiens et lycéens à manifester en faveur de l’action climatique – impulsée en 2018 par le jeune militante suédoise Greta Thunberg.

22 avril 1970-Philadelphie, É.U. Crédit: Associated Press

Un enjeu connu mais peu reconnu

Repris comme une date phare du calendrier par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1990, chaque année, le 22 avril devient la « Journée internationale de la Terre nourricière ». Une appellation qui en dit long sur la place qu’à la planète dans notre vie : la vie. Peu après, la première édition du Sommet de la Terre voit le jour en 1992 à Rio (aujourd’hui COP) afin de faire du climat un enjeu mondial, concernant toute vie sur Terre. La sensibilisation envers le climat ne date pas d’hier, mais les actions restent limitées. À ce jour, les énergies fossiles – diffuseuses massives de CO2 dans l’atmosphère – représente encore en 2016 81% du mix énergétique mondial, d’après un rapport de septembre 2019 du Ministère de la Transition écologique et solidaire. Sur le podium – le pétrole (33% en 2016), le charbon (27%) et le gaz naturel (22%) – tous trois s’imposent comme sources premières d’approvisionnement en énergie. Une pénible baisse de 4% de leur utilisation dans le mix énergétique est enregistrée depuis 1976. De plus, en 40 ans, la part du nucléaire – problématique pour la gestion des déchets radioactifs – a été multiplié par trois. La biomasse et l’hydroélectricité représentent repectectivement 10 et 2% de l’approvisionnement mondial. Les autres énergies (éolien, solaire, etc.) se sont accrues de 1% en 40 ans.

Une réelle fenêtre d’ouverture ?

Conscient peu à peu du chemin qu’a emprunté notre civilisation, les appels se sont multipliés de part et d’autre du globe par divers gouvernements à l’occasion de ce mercredi 22 avril 2020. La situation actuelle met en exergue notre impact sur l‘environnement et la nécessité de faire évoluer nos modes de vie plus respectueux de la planète. Alors que le monde est plongé dans un combat face au coronavirus – apparu en Chine en décembre dernier – de nombreux politiciens, investisseurs, et entreprises y voient une réponse économique à long terme, une chance pour faire face aux risques profonds posés par le changement climatique. « Il y a beaucoup de pression pour que ces plans de relance budgétaire, lorsqu’ils arrivent, soient sobres en carbone et intelligent face au climat », a déclaré à Reuters TV Peter Betts, ancien négociateur principal en matière de climat pour la Grande-Bretagne et l’Union Européenne. Un nouvel appel en vain ?

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